Textes

Le pêcheur d'orgueil

Epuisé, le pêcheur s’endormit sur le sable. Durant son sommeil la lune vint lui parler:

“Petit pêcheur au filet d’orgueil

Tu as mis la mer en grand deuil

En laissant le soleil satin

Brûler le rêve des dauphins”

Le pêcheur comprit alors qu’en brûlant le rêve des dauphins, le soleil était resté prisonnier de la mer.

Le lendemain, les enfants et lui décidèrent de repartir en mer avec leurs larmes, pour délivrer le soleil.

Après des semaines de navigation, ils rencontrèrent un pêcheur de perles qui avait l’air désespéré et qui leur expliqua que depuis que le soleil avait disparu, il n’y avait plus de perles dans les coquillages. Il proposa son aide au vieux pêcheur et aux enfants, et tous repartirent ensemble continuer leur voyage. Pendant des jours, les enfants, le vieux pêcheur, le pêcheur de perles et les larmes sillonnèrent les mers et les océans à la clarté triste de la lune.

Questionnant tous les cachalots, les poissons-chats , les étoiles de mer qu’ils croisaient sur leur route, ils cherchaient en vain le moyen de délivrer le soleil.

Un soir où le vieux pêcheur s’endormit désespéré, la lune revint lui parler:

“Petit pêcheur aux filets d'orgueil,

Toi qui a perdu ton soleil,

Si les dauphins rêvaient les hommes,

De ces larmes, quels sont les sommes?”

Le vieux pêcheur se réveilla en sursaut, et appela les enfants pour leur raconter son rêve.

Bercés par l’Océan depuis tant et tant de semaines, les enfants comprirent alors qu’ils avaient pleuré le rêve des dauphins. A leur tour, ils allèrent réveiller le pêcheur de perles et lui demandèrent de plonger dans la mer pour aller déposer leurs larmes dans chacun des coquillages à la perle disparue. Pendant de longues nuits, le pêcheur plongea et plongea,  jusqu’à ce qu’épuisé, il déposa la dernière petite larme dans le dernier coquillage au fond de l’eau.

Une lumière intense délaya la nuit du ciel et le soleil partit de nouveau bercer de lueurs douces le rêve retrouvé des dauphins.

Depuis ce temps-là, on raconte que le vieux pêcheur a rangé ses filets et qu’il ne part plus en mer que pour aller admirer le spectacle merveilleux des dauphins jouant au soleil levant.  août 2012

Rhinocéros et dromadaires

Des cimetières de mammifères au Sahel jusqu’aux denses forêts de l'Arabie, le paléogène berçait les carnassiers avant les feux de l’ Erebus .

Souviens - toi passeur, des plaines du Hoggar où d’infinis volcans sous la glace des pôles tailladaient l’horizon.

Géologie polymorphe modifiant les climats sur les croûtes champignonnes.

Les milieux des fleuves, des océans, des mers puis de nos lacs, sont des visions persistantes du profil des plans.

Des Rhinos décidés poursuivirent leur chemin illuminé comme sept fois quatre font un coup de lune et pi plus qu’un chiffre d’or.

Algèbre magique en base douze, deux fois soixante faisant trois cent soixante , comme être debout devant tant de soleils.

M’en souvienne ils me dirent:

“Nous avons voyagé tout au long des siècles et nous nous sommes arrêtés prés des montagnes pour boire l’eau du Gange. Il est de nous les cornes de la gloire et pourtant, il ne nous en reste plus qu’une de grâce après le voyage depuis l'Afrique.”

Bien des routes entraînantes sont tout comme. Les transhumances sibériennes où tant d’ hominidés exploraient de nouvelles terres sans visa ni régionalisme; seule la découverte animait leur bonhomie. Un frère quadrupède appelé dromadaire, élancé pour flotter sur les dunes, créa Sion et ses frontières. J’en connaissais plus de deux d’ Eve et d'Adam qui de Noé avait traversé les montagnes. Et par contre, eux gardaient tout ce que l ‘Afrique leur avait donné et en plus ils gagnèrent une poche pour assoiffer leurs peines.

Si de moi j’en résume, Je leur dis:

D’une bosse vide sur les os, le voyage vous en soulage une autre. Tout autrement parti avec deux cornes, vous finîtes la face adoucie par le voyage.

 janvier 2009

Evolution

Situé à la providence des montagnes de la lune source des grands lacs et des plaines fluviales . Il communiait dans la neige aux météores via un climat de verve. Ces tribales de civils venaient de mettre au monde des humains blancs ; êtres intéressants qui ne firent que vivre entre eux et continuaient à sélectionner la couleur de cette peau . Cette nouvelle ethnie mise en circulation dût pour des raisons socioculturelles migrer vers d’autres terres . On eut dit qu’ils furent chassés par le soleil vers des destinations moins dérangeantes . Sur leur peau, ils devaient se couvrir pour éviter toute brûlure . Ce fut quelques millions d’années plus tard qu’on les retrouva accrochés aux pierres granitiques de leur Graal septentrional, rafraîchi par les vents boréales.
Après hier et aujourd’hui l’homme bicéphale vit figurer au reste de son crâne un troisième lobe afin de parfaire sa progression communautaire . Une algèbre corporative fissurant et fusionnant les quartz et les carbones pour que ces choses pensent. Leurs synthèses, expression des expansions tout autant que des compressions, sont d’une longue influence exploitante. Abusant des droits de chasse, ils réitèrent leurs états imbriqués .

décembre 2008

Illumination

Puis, des mousses de regards, comme un pecoptéris, assidus nous rendent à la miséricorde méconnaissable.

Une femme en force avec la nature parle de miracles qui se comprennent, car il est dit qu'un jour rien correspondait à tout.

Une atmosphère de temps ancien l'abreuve, le ciel clairsemé de nuages laisse passer une lumière de peinture à l'huile, beauté misanthropique.

Il fait son travail pour récupérer de la synthèse énergétique.

Son fétichisme des plantes et minéraux le rende méditatif.

Il est très amoureux de cette femme il a l'impression qu'il la sculpte comme lui.

Il la voit comme une déesse ostentatoire.

Il voit plus son corps que son âme. Il a l'impression de marcher sur la braise puis la glace.

Il lui dit qu'un massage du ciel à la terre, comme celui de la pieuvre aux abysses volcans, était une autre cuisante aventure à joindre.

Il essaye de profiter des réponses que lui donne les cieux.

Voilà que tu as plus de facilités à philosopher qu'à être, lui dit elle comme un papillon les ailes satinées de cocon.

Il aimerait bien être un visionnaire du rêve et pourtant il n’est qu’une main anonyme qui recouvre sa peau.

Elle, la statue ronde d’une procréatrice debout devant ses pierres.

Trouver une voie meilleure ; le phrasé dont les gens ont de bien vivre, acquérir une discipline de travail , était pourtant préoccupant.

Il eut vécu illuminé par la force des éléments.

Tant été si une pluie de grêle qui le fit persuader d’objets, méditant avec lui, et ne le vit pas comme un pêcheur d’orgueil.

Il parle aux oiseaux, pendant un instant quotidien, empilant ses oeuvres 3/4 pour faire de l’infini bonheur.

Comme un souvenir des envols de pigeons de St Marc les amoureux sont auréolés de magies.

Ses visions belles sont pâles sous la raison.

Quel coeur auront les hommes, dit elle, soumis aux contraintes des choses ou à celles des femmes expiatrices? Alors les plis saccadés de nos bras, ploieront nos racines, reflets froissés de nos âmes. octobre 2007